Au moins 500 personnes ont été tuées dans des violences ethniques dimanche près de Jos, dans le centre du Nigeria, a déclaré ce lundi un conseiller du gouverneur de l'Etat du Plateau, dont Jos est la capitale.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé lundi à la retenue. Le gouvernement nigérian «doit faire en sorte que les auteurs (de ces violences) soient remis à la justice» a-t-elle déclaré à des journalistes. Le Vatican a réagi en exprimant «douleur et préoccupation» face à d'«horribles faits de violence», tandis que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a exhorté les parties au Nigeria à faire preuve d'«un maximum de retenue».
«Un acte abominable»
Le responsable de la communication de l'Etat du Plateau, Dan Majang, a parlé d'un «acte abominable», précisant que 95 personnes avaient été arrêtées. Quelque 200 survivants des tueries ont été hospitalisés à Jos, capitale de l'Etat du Plateau, a annoncé ce lundi le ministre de l'Information du gouvernement local, Gregory Yenlong.
Les attaques nocturnes ont été menées dans la nuit de samedi à dimanche contre trois villages de l'ethnie Berom, au sud de Jos, par des pasteurs de l'ethnie Fulani, généralement des nomades, d'après des villageois, des militants pour les droits de l'homme et des sources gouvernementales. En trois heures, des centaines de personnes, dont de nombreuses femmes et des enfants, ont été massacrées, tuées à la machettes et brûlées, selon les témoins qui ont décrit de véritables scènes d'horreur.
Les forces de sécurité en état d'alerte
Dimanche soir, le président par intérim du Nigeria, Goodluck Jonathan, a placé «toutes les forces de sécurité du Plateau et des Etats voisins en alerte maximum afin d'empêcher que ce dernier conflit ne déborde». La région de Jos est régulièrement secouée par des flambées de violences religieuses ou ethniques. En janvier, plus de 300 personnes avaient été tuées dans des violences entre chrétiens et musulmans.
La France a réagi par l'intermédiaire de Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française, ce lundi, condamnant «fermement les graves violences qui ont frappé les communautés villageoises». «J'exprime le soutien de la France aux autorités nigérianes dans leurs efforts pour ramener le calme et pour traduire les auteurs de ces violences devant la justice», a ajouté le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué.
Avec agence